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Ge.ch > Thèmes > Etat > FAO > Archives > 2009 > 28.12.2009

Feuille d'Avis Officielle du 28.12.2009

2010: Avancer avec confiance et détermination

Anja Wyden Guelpa, Chancelière d’Etat. Photo Gérard ChardonnensChères lectrices et chers lecteurs,
Chères concitoyennes et chers concitoyens,
Chères habitantes et chers habitants de Genève,

Nous quittons une année difficile, marquée par la crise économique, et nombreux sont ceux parmi nous qui s’interrogent sur leur avenir. Les récentes élections cantonales ont souligné cette inquiétude. Je n’entends pas l’ignorer, tout en refusant qu'elle s’impose à moi comme un boulet attaché à mes pas, qui les freinerait ou les entraverait.

En disant cela, je ne nie pas les soucis qui peuvent accabler les uns ou les autres au sein de notre communauté; je ne fais que souligner la nécessité d’avancer et, pour cela, de prendre notre destin en mains avec confiance et détermination.

Le Conseil d’Etat m’a fait confiance en me nommant au poste de chancelière pour les quatre années à venir. J’ai accepté ce défi en sachant que nous allons au-devant d’années qui pourraient être difficiles sur le plan politique et incertaines sur le plan économique. Je l’ai accepté forte de ma conviction que nous avons la chance de pouvoir construire notre futur et le devoir de travailler de toutes nos forces pour qu'il sourie à toutes et tous.

L’île Rousseau. Photo Gérard ChardonnensLe repli est parfois une tentation pour les individus comme pour les groupes. Y céder nous priverait de la maîtrise de notre destin. Les frontières ne sont pas là pour séparer, elles sont là pour définir des identités fondatrices d’échanges et de rencontres. Dans le monde globalisé d’aujourd’hui, les frontières ont perdu leur pouvoir protecteur, qui est désormais incarné par les institutions démocratiquement débattues et acceptées et la transparence et l’éthique des gouvernants.

Prendre notre destin en mains

Lors du discours de Saint-Pierre, le président du Conseil d’Etat a évoqué les crises de croissance que Genève a connues au fil de son histoire. Il a rappelé comment James Fazy avait fait abattre les murailles de la ville pour lui permettre de grandir et d’absorber les forces vives qui confluaient vers elle.

Sauf à exacerber les tensions sociales et à sombrer dans des affrontements permanents, les Genevois n’avaient d’autre choix que d’accepter la croissance et le rôle régional prééminent qui lui est associé. Ils ont décidé d’avancer sur les bases qu’ils se sont eux-mêmes données et je pense notamment à la Constitution démocratique de 1847.

La place du Port. Photo Gérard ChardonnensA l’époque, comme aujourd’hui, la frontière qui enserre Genève était très largement perméable aux biens et aux personnes. Cette ouverture a permis le nécessaire et prospère développement du canton. Par la suite, notre canton a salué avec joie l’établissement des institutions internationales. Il me suffit de rappeler la liesse populaire qui suivit l’annonce du choix de Genève pour l’établissement du siège de la Société des Nations, devenue l’ONU.

Une identité «internationale»

Depuis près d’un siècle maintenant, ce choix est notre aiguillon; notre identité actuelle est largement bâtie sur le rôle international du canton. Genève – la plus grande ville de Suisse au début du XIXe siècle, faut-il le rappeler – a conservé sa prééminence, en particulier hors du pays, grâce aux institutions intergouvernementales et non-gouvernementales qu’elle accueille.

La place du Molard. Photo Gérard ChardonnensEn 2009, le canton a par exemple reçu la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton et son homologue russe Sergueï Lavrov; les négociations qui ont mis fin aux violences électorales au Kenya; les Geneva Talks 2 entre l’Iran, les Etats-Unis et l’Union européenne; les négociations préparatoires de la conférence de Copenhague sur le climat; une importante réunion ministérielle de l’OMC ainsi que les pourparlers entre la Russie et la Géorgie consécutifs au conflit qui les a opposés en 2008.

Les Genevois ont également réaffirmé leur attachement à la Genève internationale en acceptant l'extension de l'OMC et en rejetant l'initiative anti-minarets. Il me tient dès lors particulièrement à cœur de pouvoir améliorer encore les conditions d'accueil et le dialogue avec les organisations internationales et non-gouvernementales.

Genève est attachée à son passé et à ses traditions. La commémoration de l’Escalade, dont la ferveur ne se dément pas, le montre; le succès de l’année Calvin également. Cet attachement est porteur d’avenir, il fournit un fil conducteur. Non qu’il faille répéter mécaniquement le passé, mais parce qu’il faut célébrer et se laisser inspirer par les moments forts de notre histoire, par ces moments dont la partition n’était pas écrite mais pour lesquels nos devanciers ont dû innover et oser prendre des risques.

Un débat serein

La fontaine du Jardin anglais. Photo Gérard ChardonnensIl vous sera proposé au cours de cette législature et à l'issue des travaux de la Constituante de renouveler sur des bases rajeunies le contrat social passé en 1847. Je souhaite que ce débat, lorsqu’il aura lieu, ne soit pas embrumé par les amertumes glanées dans des parcours personnels, mais qu’il soit éclairé par la conscience des nombreuses possibilités qui s’offrent au canton.

C’est dans cet esprit ouvert et constructif que j’ai pris mes fonctions. J’entends les exercer au service d’une Genève maîtresse de son destin et partie prenante du concert des nations.

Je voudrais rendre hommage à Monsieur Robert Hensler, mon prédécesseur, qui a assumé avec un engagement rare la charge de chancelier durant quatre législatures. Il a dirigé avec compétence et clairvoyance la plus ancienne institution genevoise qu'est la chancellerie et a su la moderniser et l’adapter aux défis de la gouvernance moderne.

Je vous souhaite à toutes et tous, chères lectrices et chers lecteurs, chères concitoyennes et chers concitoyens, chères habitantes et chers habitants de Genève, d’excellentes fêtes et une année 2010 pétillante, sereine et heureuse.

Anja Wyden Guelpa
Chancelière d’Etat