Le gouvernement de la République et canton de Genève est fier et heureux d'avoir été invité au premier Forum africain de dialogue organisé dans le cadre de la célébration de la Journée de l'Afrique. Genève est une cité de dialogue et je forme le vœu que le dialogue de ce jour soit fructueux, inspiré par ces lieux où tant de dialogues ont permis, ces deux derniers siècles, d'apporter des réponses à des questions conflictuelles.
Le thème de votre forum est ambitieux: «Le développement de l'Afrique, la responsabilité de qui?». Nul ne doute que la réponse est complexe. En effet, si chaque être humain est, dans une certaine mesure, responsable de son avenir et si chaque pays, chaque continent est aussi responsable de son avenir, il n'en demeure pas moins que, dans un monde de plus en plus globalisé et interdépendant, nous sommes tous responsables les uns des autres.
Si l'Afrique est au premier chef responsable de son développement, nul ne saurait nier la responsabilité des grandes puissances, des organisations internationales chargées de réguler les affaires du monde et des pouvoirs économiques et financiers.
L'Afrique doit ainsi revendiquer d'être seule à décider de son développement et nous devons tous assumer clairement notre responsabilité à participer au développement de l'Afrique dans le cadre d'une coopération équitable et non dominatrice.
La construction de l'Union africaine, de plus en plus forte, efficiente et structurée, est certainement un élément majeur du développement de l'Afrique, et elle seule permet à votre continent de s'affirmer comme responsable de son avenir.
Le thème choisi lors de votre sommet de juillet prochain à Syrte démontre bien cette prise en main par l'Union africaine des problèmes fondamentaux: «Investir dans l'agriculture pour réaliser la croissance économique et la sécurité alimentaire». Chaque mot même de ce thème est essentiel: «investir», «agriculture», «croissance économique», «sécurité alimentaire».
Excellences, Mesdames et Messieurs, nous savons tous que l'humanité est née en Afrique, dans des régions qui connaissent malheureusement aujourd'hui de graves difficultés, et c'est parce que l'Afrique est le berceau de l'humanité que nous sommes particulièrement sensibles à son sort et que nous saluons les efforts de l'Union africaine pour l'améliorer.
Au nom du gouvernement genevois, je souhaite la bienvenue à Genève au président de la commission de l'Union africaine, Monsieur Jean Ping; je lui souhaite un excellent séjour dans notre cité et je vous souhaite à toutes et à tous une journée de dialogue fructueuse.
Laurent Moutinot
Conseiller d’Etat en charge du département des institutions
Discours prononcé le 27 mai 2009 au Grand Hôtel Kempinski.