La
participation la plus élevée parmi les 45 communes du canton
a été enregistrée à Meinier (62,04%), la moins
élevée àVernier (29,68%). Vernier était déjà
lanterne rouge pour les élections du conseil municipal. En Ville
de Genève, la participation a atteint 37,64%, soit quatre points
de plus que pour les municipales, ce qui dénote une forte mobilisation.
Sur l’ensemble du canton, 6,3% des électeurs se sont déplacés
au local de vote.
Un total de 33 femmes ont été élues sur l’ensemble du canton. Elles n’étaient que 21 en 2003. Cinq communes comptent une majorité féminine à l’exécutif: Cartigny, Chêne-Bourg, Collex-Bossy, Collonge-Bellerive et Vandoeuvres. En 2003, seule Vandoeuvres avait élu un exécutif à majorité féminine.
Confignon a porté à l’exécutif M. Dinh Manh Uong (PDC), qui sera le premier conseiller administratif d’origine asiatique à Genève.
En Ville de Genève, l’Entente n’a pas réussi à reproduire à l’exécutif les gains enregistrés lors de l’élection du conseil municipal. Le rapport de force au sein du conseil administratif de la Ville reste inchangé: quatre élus de l’Alternative face à un élu de l’Entente. Pour la première fois dans l’histoire de la Ville, les socialistes occuperont deux sièges au conseil administratif, alors qu’une page se tourne avec le départ du dernier élu du Parti du travail (PdT), M. André Hédiger. Avec son retrait prend fin une présence de 36 ans du PdT au conseil administratif de la Ville. Le premier élu du PdT avait été M. Roger Dafflon en 1971.
Le résultat de l’Alternative est à la fois la conséquence d’une mobilisation de l’électorat de gauche en Ville et du fait que les électeurs de l’Entente n’ont pas voté compact et ont aussi biffé les candidats étrangers à leur parti dans une mesure plus forte qu’au sein de l’Alternative.
Mme Sandrine Salerno n’a par exemple été biffée que 219 fois par les électrices et électeurs qui ont utilisé le bulletin des Verts, alors que Mme Anne Marie von Arx-Vernon a été biffée 500 fois sur les listes libérales et 410 fois sur les listes radicales.
Autre exemple, M. Manuel Tornare n’a été biffé que 236 fois sur les listes de «A Gauche Toute!», et sa colistière, Mme Sandrine Salerno, 197 fois, alors que Mme Nathalie Fontanet a été rayée 346 fois par les radicaux et 285 par les démocrates-chrétiens. M. Pierre Maudet, radical élu, a été un peu moins biffé, ce qui fait penser que l’électorat de l’Entente a donné une prime à l’homme.
Grâce à M. Pierre Maudet, les radicaux récupèrent le siège perdu suite au départ de Michel Rossetti en 1995, alors que les démocrates-chrétiens n’ont toujours pas trouvé le successeur de M. René Emmenegger, qui s’est retiré en 1991.
Ceci étant, on assiste lors de cette élection au même phénomène que lors de l’élection du Conseil d’Etat en 2005, à savoir une correction lors de l’élection de l’exécutif des tendances dominantes de l’élection du parlement. Les Genevois traitent l’élection des exécutifs comme une sorte de second tour qui peut en quelque sorte corriger le premier.
Les communes suburbaines réservent quelques surprises. A Carouge, le conseil administratif change de majorité et passe aux mains de l’Entente. Désormais, la Cité sarde comptera un radical, un libéral et une représentante d’«A Gauche Toute!». Celle-ci a réussi à se faire réélire sans le soutien des socialistes et des Verts. Ces derniers n’ont pas su exploiter leur poussée au conseil municipal et ratent leur entrée à l’exécutif.
A Onex également, la majorité change de mains et échoit aux socialistes, qui raflent deux des trois sièges. Le démocrate-chrétien Philippe Rochat, désigné pour succéder à Mme Béatrice Gisiger, n’atteint pas le quorum. Il devance de 138 suffrages M. Eric Stauffer, du Mouvement citoyens genevois (MCG). Un second tour sera nécessaire.
A Vernier, le libéral sortant Georges Zufferey rate le quorum pour 113 voix, alors que le socialiste Thierry Apothéloz est réélu et que le Vert Yvan Rochat réussit son entrée à l’exécutif en remplacement de Mme Nelly Bunstchu (Alliance de gauche). Dans cette commune aussi, un second tour sera nécessaire pour pourvoir le troisième siège de l’exécutif.
Dans ces deux communes, la date du second tour sera décidée par le Conseil d’Etat. Celui-ci prendra également les décisions utiles afin que ces communes puissent fonctionner normalement durant l’intervalle compris entre la prestation de serment des conseillers administratif, le 29 mai 2007, et la validation des résultats des élections complémentaires.
S’agissant toujours des communes suburbaines, le Parti socialiste gagne un siège à Plan-les-Ouates au détriment des libéraux. A Chêne-Bougeries, au Grand-Saconnex, à Lancy, à Meyrin, à Thônex et à Versoix, les majorités sortantes sont reconduites.
Globalement,
sur l’ensemble des 19 communes possédant un conseil administratif,
la formation «A Gauche Toute!» perd deux de ses quatre élus.
Les socialistes gagnent deux sièges, et en comptent désormais
huit, et les Verts doublent leurs représentants avec quatre élus.
Du côté de l’Entente, le PDC gagne un siège
et passe à douze, les radicaux gagnent deux sièges et se
retrouvent à treize, et les libéraux reculent de seize à
quatorze élus. L’UDC et le MCG ne sont pas parvenus à
obtenir de conseiller administratif.
Je voudrais terminer ce tour d’horizon en remerciant toute l’équipe qui a travaillé pour le dépouillement centralisé, ainsi que les contrôleurs des partis politiques et tous ceux qui ont permis que ces élections soient un succès. Grâce à eux et grâce aux électrices et aux électeurs qui ont exprimé leur suffrage, notre démocratie est vivante et forte.
Robert Hensler
Chancelier d’Etat