La
pêche au lac respecte les critères du développement
durableComme rappelé lors de la Journée mondiale des zones humides du 4 février dernier, qui avait cette année pour thème les pêcheries, point de surpêche dans le Léman ni de pratiques destructrices. Nous le devons à l’engagement des collectivités pour une gestion durable des ressources aquatiques, l’amélioration de la qualité de l’eau et la protection des zones de reproduction, ainsi qu'au développement des herbiers qui fournissent des zones d’alevinage vitales pour les poissons et enfin au respect des réglementations par les pêcheurs.
En 2005, 1064 pêcheurs ont pris leur permis de pêche annuel en rivière, ce qui représente une légère augmentation (5%) par rapport à 2004 et montre que la pêche reste une activité de loisirs prisée. Cependant, depuis de nombreuses années, la pêche en rivière est confrontée à une diminution des captures de salmonidés (truites et ombres), si prisés des pêcheurs. Cette diminution est liée à la dégradation des rivières qui n'a pu être que partiellement compensée par les efforts faits au niveau du traitement des eaux et de la renaturation de rivières. L'eau qui s'écoule dans nos rivières subit de plein fouet l'urbanisation galopante des bassins versants, notamment sur leur partie française, d'où l'intérêt des contrats de rivières transfrontaliers qui permettent de travailler sur des objectifs communs.
Une des mesures permettant de compenser cette diminution est le repeuplement, dont le financement est largement couvert par la vente des permis. Une seconde mesure est la réglementation de la pêche. Depuis 2004, un nouveau règlement est en vigueur. Il limite volontairement le nombre de prises et augmente la taille minimale de capture pour préserver le cheptel piscicole fragilisé par l'état des rivières. L'analyse des statistiques de pêche montre que ce nouveau règlement, après avoir conduit à une réduction des prises de truites en 2004, se traduit par une augmentation des prises en 2005, amélioration qui devrait se poursuivre. A ces deux approches «traditionnelles» de la gestion de la pêche, s'ajoutent la renaturation des cours d'eau, le rétablissement de la libre circulation des poissons et, enfin, l'identification et la correction des autres facteurs limitants.
En 2006, la renaturation a poursuivi et terminé les travaux suivants:
Depuis 2003, date de la dernière vidange du barrage de Verbois, les Services industriels de Genève (SIG) ont décidé de suspendre cette opération. Au vu de l'impact très important des chasses sur l'environnement et particulièrement sur la faune piscicole, mais également des contraintes liées à la gestion des sédiments, il était nécessaire de se donner le temps de la réflexion.
La volonté commune de l'Etat et des SIG d'offrir une vue globale des connaissances et des études existantes afin d'entamer un dialogue constructif a abouti au colloque du Rhône des 15 et 16 juin 2006. Depuis, les options discutées ont été approfondies et six scénarios ont été définis. Ils seront comparés au moyen d'une trentaine de critères d'évaluation. Le résultat de ces analyses devrait être connu d'ici l'été 2007.
La Versoix, l'une de nos plus importantes rivières se jetant dans le lac, a fait l'objet de diverses mesures et d'un suivi piscicole approfondi depuis plusieurs années. Le but ultime est de retrouver une partie de la valeur halieutique de ce cours d'eau. Le suivi a permis de vérifier la pertinence des mesures de gestion prises au niveau de la renaturation, de la réglementation de la pêche, mais aussi de la gestion des centrales hydroélectriques, dont l'influence sur les poissons ne doit pas être sous-estimée. Les résultats de ce suivi confirment que le nouveau règlement en vigueur depuis 2004 a permis une augmentation notoire de la reproduction des truites, mais des mesures pour assurer celle de l'ombre doivent être prises.
Pour que la reproduction naturelle puisse avoir lieu, il s'agit encore de supprimer les deux derniers obstacles à la libre circulation des poissons vers les frayères et de diminuer la mortalité causée par les turbines. Ces questions seront au centre de l'examen du dossier des demandes de concessions hydrauliques actuellement instruites.
Département du territoire
Afin de contenir l'expansion de la population de brochets et de tenter
de diminuer la prédation de cette espèce sur les salmonidés
(ombles, truites et corégones), la Commission intercantonale pour
la pêche dans le lac Léman a décidé d'autoriser
la pêche du brochet du 1er avril au 10 mai 2007 (arrêté
du 23 mars 2007).
Pendant cette période, les autres dispositions pour la pêche
de loisir restent toutefois applicables, à savoir: taille minimale
de capture des brochets: 45 centimètres, et nombre de captures:
5 brochets par jour.
Un suivi des captures de brochets sera effectué durant les mois
d'avril et mai 2007 afin d'évaluer l'impact de cette mesure sur
le cheptel de brochets du Léman.