"L'histoire politique de Genève montre une recherche
continuelle de la meilleure forme de gouvernement et le désir
d'avoir un contrôle constant d'une opinion publique éclairée
et libre, seule défense pour éviter l'arbitraire et
l'abus", peut-on lire sous la plume de Lucien Fulpius dans
l'ouvrage de Nathalie Meauprince intitulé La clef de Genève
(1946). Une opinion qui devrait nous éclairer puisque Genevoises
et Genevois vont élire celles et ceux qui les gouverneront
durant quatre ans, soit les députés du Grand Conseil
en octobre 2005 et les conseillers d'Etat en novembre de la même
année.
Une opinion qui, ma foi, contient une grande part de véracité.
Même si certaines envolées politiques, certaines difficultés
budgétaires et autres tribulations de l'année politique
2004 ont pu parfois nous perturber.
Le fait est que la Chancellerie, au cur même de l'Etat,
s'efforce, jour après jour, de mettre tout en uvre
pour que les décisions gouvernementales se prennent dans
les meilleures conditions possible. Et qu'elles soient transmises
au public dans la plus grande transparence. Malgré les difficultés
liées au budget, la collégialité a été
de mise au sein du Conseil d'Etat durant une année 2004 par
ailleurs riche en événements importants pour la population
genevoise. Notons l'avancée des travaux concernant CEVA (liaison
Cornavin-Eaux-Vives-Annemasse), l'annonce du projet de nouvelle
gestion de l'administration GE-pilote, la mise en place d'une cyberadministration
performante ou encore l'inauguration tant attendue du tram 15. Quant
au vote par Internet, il est passé du niveau communal au
cantonal puis fédéral en l'espace de quelques mois.
Mission en ligne accomplie, tant sur le plan de la participation
que sur celui des prouesses technologiques. Cette expérience
pilote met notre canton en position de pionnier dans le domaine
du e-voting en Suisse comme en Europe.
A cette vague venue d'ailleurs
s'ajoutent les 147 multinationales installées sur notre territoire
et les 112 000 personnes qui vivent dans le canton et parlent une
langue principale autre que le français. La Genève internationale
n'est donc pas une vue de l'esprit, un slogan sorti du chapeau d'un
canton en mal de projets. Non, elle existe bel et bien, elle est vivante,
dynamique. J'en veux pour preuve, par exemple, les nombreuses visites
de courtoisie du Conseil d'Etat, durant lesquelles il a reçu,
venus rejoindre leur mission, des ambassadeurs du Boutan, du Saint-Siège,
d'Ouganda, de Finlande ou du Canada pour n'en citer que quelques-uns...
C'était en 2004.
Pour 2005, je suis particulièrement fier des nombreux moments festifs que nous allons partager avec la communauté internationale pour commémorer les 60 ans des Nations Unies ainsi que les dix ans de l'OMC (Organisation mondiale du commerce).
En conclusion, j'aimerais vous dire à toutes et à tous de débuter cette année 2005 dans la confiance et la joie. Et, à propos de joie, citer Jean-Claude Guillebaud (Le goût de l'avenir, éditions du Seuil, 2003) :"La joie véritable, celle que nous avons perdue, c'est celle de l'aube, des printemps, du lilas, des projets." De plus, je vous propose, avec Talleyrand toujours, d'avoir "de l'avenir dans l'esprit".
Robert Hensler
Chancelier d'Etat