Message de Monsieur Robert Hensler, chancelier d'Etat
Une
année s'achève, une autre est sur le point de commencer.
Nous sommes pour quelques jours comme suspendus entre deux millésimes,
ne sachant s'il faut regarder en avant ou en arrière. Au-delà
des joies et des peines qui ont émaillé l'année 2002,
permettez-moi quelques coups de projecteur.
Il y a quelques jours à peine, Micheline Calmy-Rey était brillamment élue au Conseil fédéral. Ce succès, c'est celui d'une femme compétente et rigoureuse. C'est aussi celui d'un canton qui a su soutenir sa candidate dans sa marche vers Berne, après l'avoir soutenue dans le redressement des finances publiques.
Madame Calmy-Rey est désormais l'élue de la Suisse. Sa présence au sein de l'Exécutif fédéral est le signe d'une part qu'une majorité des Chambres se reconnaît dans les valeurs d'ouverture et de tolérance pratiquées à Genève et d'autre part que le dynamisme et l'impact de notre canton dépassent ses frontières.
Dans la foulée de cette élection, nous avons fêté les 400 ans de l'Escalade, dont le souvenir a cristallisé notre identité cantonale. Sachons apprécier la chance que nous avons à la fois d'avoir un passé, une histoire, et de la connaître et la célébrer en parfaite harmonie avec nos voisins et amis savoyards.
Quelques semaines auparavant, les habitants de Lully étaient victimes d'inondations. Dans notre collectivité, épargnée jusqu'ici par les catastrophes naturelles, cet événement a marqué les esprits. Du Conseil d'Etat aux citoyens, la solidarité a été forte, à la mesure de l'événement.
La subite montée des eaux à Lully nous rappelle que nous avons un devoir de solidarité envers nos frères humains, proches ou lointains. Le 1er juillet dernier est entrée en vigueur la loi sur le financement de la solidarité internationale. Par cette disposition unique en Suisse, l'Etat s'engage à consacrer 0,7% de son budget de fonctionnement au soutien de projets de coopération au développement, de promotion de la paix et de défense des droits sociaux et de la personne.
Une autre loi entrée en vigueur en 2002 fera date : la loi sur l'information du public et l'accès aux documents. La LIPAD, comme on l'appelle couramment, marque le passage de l'ère du secret comme règle et de l'information comme exception, à l'âge de la transparence comme principe général. Ce renversement mérite d'être salué.
Cette énumération, forcément incomplète, permet déjà de situer 2002 parmi les années qui compteront. 2003 ne devrait pas être en reste. L'an nouveau s'annonce d'ores et déjà riche en événements et les occasions de voir Genève figurer sur le devant de la scène internationale seront nombreuses.
Le 19 janvier prochain, les électrices et électeurs d'Anières pourront pour la première fois en Suisse et en Europe continentale voter par Internet. " Un petit pas pour Anières, un grand pas pour la Suisse ", suis-je tenté de dire, paraphrasant la célèbre citation de Neil Armstrong marchant pour la première fois sur la lune. Nous sommes au début d'un mouvement qui est appelé à prendre de l'ampleur
En juin, les huit premières puissances mondiales se réuniront à Evian. Quatre mois plus tard, l'Union internationale des télécommunications (UIT) organisera en nos murs son exposition et son forum quadriennaux World Telecom. Il importe que nous réussissions à satisfaire pleinement nos hôtes, afin qu'ils nous restent fidèles. Les collectivités publiques genevoises et de France voisine travaillent depuis deux ans déjà à préparer cette manifestation, afin qu'elle se déroule dans les meilleures conditions : l'enjeu est d'autant plus grand que Genève est enviée par différentes places de foire étrangères. Nous entendons conserver en nos murs ces " Jeux olympiques " des technologies de l'information, dont la prochaine édition pourrait avoir lieu en 2006 déjà.
L'année
nouvelle se terminera par un autre rendez-vous organisé par les
Nations Unies et l'UIT : le Sommet mondial de la société
de l'information (SMSI). Lorsque ses derniers feux s'éteindront,
il sera déjà temps de penser à 2004 !
Je vous souhaite de profiter au maximum de la pause des Fêtes de fin d'année, afin de vous ressourcer et de retrouver cette sérénité sans laquelle rien de constructif ne se fait.
Robert Hensler
Chancelier d'Etat