La rue Emilie Gourd est située dans le quartier des Tranchées et a été inaugurée en 1972. Le nom d'Emilie Gourd a également été donné à un Collège de l'enseignement secondaire post-obligatoire situé à la rue Le-Corbusier.
Emilie Gourd est née le 19 décembre 1879 à Genève.
Née d'un père pasteur et d'une mère très active
dans les uvres de bienfaisance, Emilie Gourd est issue de la haute
bourgeoisie protestante genevoise. Emilie et sa sur Edith sont élevées
à Pregny dans la maison familiale. En 1898, Emilie Gourd obtient
son certificat de capacité de l'Ecole secondaire et supérieure
de jeunes filles. Bien que ce diplôme ne donne pas accès
à l'Université, Emilie suit des cours d'histoire et de philosophie
comme simple auditrice. Elle enseigne ensuite brièvement l'histoire
contemporaine à l'Ecole privée de la Cour Saint-Pierre et
semble alors se destiner à l'enseignement.
En 1903, Emilie Gourd adhère à une première association
féministe, " l'Union des Femmes " puis est nommée
secrétaire du comité de " l'Alliance nationale des
sociétés féminines suisses ".
L'année 1909 marque un nouveau tournant dans le militantisme féministe
d'Emilie. Elle s'engage en effet au sein de " l'Association genevoise
pour le suffrage féminin ". Elle succède à la
présidence de l'Association, fondée par Auguste de Morsier,
à l'écrivaine Aline Hofmann-Rossier. Emilie Gourd occupera
cette fonction jusqu'à sa mort, soit pendant 35 ans.
En
1912, Emilie Gourd, encouragée par quelques personnalités
féministes, fonde le mensuel Le Mouvement féministe dont
elle assurera la rédaction en chef jusqu'à sa mort. Le Mouvement
féministe prendra successivement le nom de Femmes suisses puis
de Femmes en Suisse. Depuis le 14 juin 2001, le journal, qui est vraisemblablement
le plus ancien journal féministe d'Europe encore existant, porte
le nom de l'émiliE, en hommage à Emilie Gourd. Le Mouvement
féministe est l'émanation du comité d'initiative
intercantonal (Genève, Vaud et Neuchâtel) né sous
son impulsion.
Emilie Gourd multiplie dès cette période ses activités
militantes. Elle donne de très nombreuses conférences et
rédige d'innombrables articles pour défendre la cause des
femmes. En 1914, " L'Association suisse pour le suffrage féminin
" l'appelle à la présidence, fonction qu'elle occupera
pendant 14 ans. Sous sa direction, le nombre de sections augmentera de
15 à 30 et le nombre d'adhérents passera de 2000 à
3000.
Cette même année, Emilie Gourd fonde " L'Ouvroir de
l'union des femmes de Genève " créée dans le
but de fournir du travail aux femmes restées sans le sous à
cause de la guerre. 1920 est l'année de fondation, toujours par
elle, de la section genevoise du " Cartel romand d'hygiène
sociale et morale ", association de moralité publique de lutte
contre l'alcoolisme et la prostitution. En 1925, Emilie Gourd organise
et assure la présidence de la première " Exposition
cantonale genevoise sur le travail féminin ", qui sera suivie
de la grande " Exposition suisse des femmes " en 1928.
En
1943, la féministe genevoise fonde " l'Association de la démocratie
suisse ", dans le souci de contrer les idées fascisantes de
l'époque.
Egalement engagée sur le plan international, Emilie Gourd est nommée secrétaire de " l'Alliance internationale pour le suffrage des femmes " en 1923, ce qui l'amènera à beaucoup voyager, toujours à ses frais. Elle occupera également la fonction de membre correspondant de la commission spéciale pour les études sur le travail féminin du Bureau International du Travail.
Le combat de sa vie, celui de la cause féminine, l'emmena à
rédiger des centaines d'articles pour Le Mouvement féministe
et à tenir de très nombreuses conférences en Suisse
et à l'étranger. Ses talents oratoires étaient reconnus.
Aussi, avait-on coutume de dire qu'une " section (ndlr. de "
l'Association suisse pour le suffrage féminin ") naît
lorsqu'Emilie parle ".
Emilie Gourd n'a jamais été rétribuée pour
son travail ni pour les fonctions qu'elle a occupées, notamment
celle de rédactrice en chef du Mouvement féministe. C'est
en effet sa fortune personnelle qu'elle consacrait à ses activités
militantes.
Sensible aux idées de la Révolution française, Emilie
Gourd en rejetait toutefois les débordements violents. Le combat
féministe devait être conduit dans le cadre de la plus stricte
légalité par la multiplication de réunions, conférences
publiques et la rédaction d'articles.
Atteinte
dans sa santé par une maladie cardiaque, Emilie Gourd dut, en 1945,
réduire ses nombreuses activités. Elle décéda
le 4 décembre 1946, à l'âge de 66 ans.
En cette même année 1946, les Genevois refusèrent
pour la troisième fois consécutive d'accorder le droit de
vote et d'éligibilité aux citoyennes genevoises, droit de
vote et d'éligibilité qui leur sera finalement accordé
en 1960.
Chancellerie d'Etat
Information
Réalisé avec la collaboration du Service pour la promotion de l'égalité entre homme et femme, département des Finances.