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Feuille d'Avis Officielle du 21.08.2002

Genevoises et Genevois connus et moins connus - promenades dans les rues de Genève

Amélie Munier-Romilly
1788-1875
Dessinatrice et portraitiste

Rue Munier-Romilly Photo: Chancellerie d'EtatLa Rue Munier-Romilly est située sur la rive droite dans le quartier des Tranchées. Perpendiculaire à la Rue Le-Fort et à la Rue du Mont-de-Sion, elle est située à proche proximité du Musée d'art et d'histoire.

Amélie Romilly est née en 1788 à Genève. Son père, Pierre-Paul Romilly, possédait un atelier d'horlogerie. Amélie entre très jeune à l'Ecole publique de dessin. Ses travaux de découpage sont remarqués par Adam Töpffer. Le peintre Firmin Massot, qui restera son maître et ami sa vie durant, la prend sous son aile comme apprentie en 1804. Il l'installe dans son atelier. Dès 1807 et la vente de ses premiers portraits, Amélie Romilly peut vivre de son art et subvenir aux besoins de sa famille, son père étant décédé en 1801.
Son premier séjour à Paris, en compagnie de sa mère, date de l'année 1812. Elle y retrouve de nombreux Genevois et fréquente les artistes parisiens. Sous la protection du peintre genevois Reverdin, elle visite le Louvre où elle copie les grands maîtres.
De retour à Genève en septembre 1812, elle prend un atelier à la Bourse française à proximité de ceux de Massot et d'Adam Töpffer. Sa renommée croît à son retour de Paris. Amélie Romilly se lance même dans la réalisation de certaines lithographies de portraits réalisés à Paris.

Rue Munier-Romilly (Amélie Munier-Romilly, 1788-1875, dessinatrice et portraitiste genevoise)En 1815, Marc-Auguste Pictet, président de la Société des Arts, lui décerne le titre d'associée honoraire. Les personnages de renom de passage ou habitant Genève posent tous devant elle: Bellot, Rossi, Madame de Staël, Capo d'Istria.
Dès 1816, elle expose très régulièrement au Salon du Louvre.
Elle épouse en 1821 le pasteur David-François Munier qui sera ensuite professeur de théologie puis recteur de l'Académie. Entre 1822 et 1829, quatre enfants naîtront de cette union dont trois mourront du vivant d'Amélie.
La famille s'installe d'abord à Chêne, jusqu'en 1831, puis à la Rue des Chaudronniers.
Amélie Munier-Romilly se rend à maintes reprises à Paris (1823, 1825, 1834 et 1850). Elle y étudie les grands maîtres et fréquente les peintres Horace Vernet et David Wilkie.
En 1830, elle reçoit la Médaille d'or au prestigieux concours de Berne pour deux tableaux : La Méditation du capucin et La joueuse de harpe.

En 1836, Amélie Munier-Romilly gagne l'Angleterre. Ce séjour anglais est une sorte de consécration. Elle réside chez l'évêque de Winchester et prend des leçons d'aquarelle avec William Hunt. Amélie y réalise de nombreux portraits pour la noblesse anglaise qui ne jure bientôt que par elle.
Tout au long de sa vie, Amélie Munier-Romilly fréquenta les personnalités les plus importantes de son époque dans les domaines politiques, artistiques ou littéraires. Beaucoup la soutiendront dans la poursuite de son œuvre.
Des quelques cinq mille portraits, huiles et pastels d'Amélie Munier-Romilly bon nombre furent gravés ou lithographiés.
C'est Firmin Massot qui la dirigea vers le portrait et encouragea ses prédispositions au dessin. La portraitiste genevoise ne se mit à l'huile que vers 1830.

Portrait des enfants Rossel, Amélie Munier-Romilly. Musée d'art et d'histoire, Ville de Genève, Inv. n° 1962-17, Huile sur toile. Photo: Bettina Jacot-DescombesPortrait de Charles Simonde de Sismondi, Amélie Munier-Romilly. Mussée d'art et d'histoire, Ville de Genève, Inv. n°1880-2, Huile sur panneau. Photo: Jean-Marc YersinLes portraits de Munier-Romilly étaient courus par l'aristocratie européenne et son trait suscita l'admiration des plus grands maîtres genevois, mais aussi français et anglais.
Ses oeuvres, pas toujours signées, sont majoritairement conservées dans des collections privées éparpillées à travers l'Europe. Amélie Munier-Romilly est décédée en 1875 à l'âge de 86 ans.
En 1908, la Société des beaux-arts organisa à l'Athénée une exposition rétrospective de l'œuvre d'Amélie Munier-Romilly.

Chancellerie d'Etat
Information


Bibliographie :
  • CHENEVIERE Adolphe, Amélie Munier-Romilly , extrait de " Nos anciens et leurs œuvres ", Genève, 1917.
  • GALLAND Jean-Paul, Dictionnaire des rues de Genève, Promoédition, Genève, 1982.
  • Groupe d'historiennes Graffiti, Le guide des femmes disparues, Metropolis, Genève, 1993.
  • Pognon, piété, patience.Les femmes suisses et la naissance de l'Etat fédéral, Metropolis, Femmes Tour (Ed.), Genève, 1998.
  • Dictionnaire biographique de l'art suisse, Editeur Institut suisse pour l'étude de l'art Zurich et Lausanne, Verlag Neue Zürcher Zeitung, 1998.
  • ROSINMANN Irma, Amélie Munier-Romilly in Tribune de Genève, 4 - 5 décembre 1982.

Réalisé avec la précieuse collaboration du Musée d'art et d'histoire de la Ville de Genève