La
Rue Munier-Romilly est située sur la rive droite dans le quartier
des Tranchées. Perpendiculaire à la Rue Le-Fort et à
la Rue du Mont-de-Sion, elle est située à proche proximité
du Musée d'art et d'histoire.
Amélie Romilly est née en 1788 à Genève.
Son père, Pierre-Paul Romilly, possédait un atelier d'horlogerie.
Amélie entre très jeune à l'Ecole publique de dessin.
Ses travaux de découpage sont remarqués par Adam Töpffer.
Le peintre Firmin Massot, qui restera son maître et ami sa vie durant,
la prend sous son aile comme apprentie en 1804. Il l'installe dans son
atelier. Dès 1807 et la vente de ses premiers portraits, Amélie
Romilly peut vivre de son art et subvenir aux besoins de sa famille, son
père étant décédé en 1801.
Son premier séjour à Paris, en compagnie de sa mère,
date de l'année 1812. Elle y retrouve de nombreux Genevois et fréquente
les artistes parisiens. Sous la protection du peintre genevois Reverdin,
elle visite le Louvre où elle copie les grands maîtres.
De retour à Genève en septembre 1812, elle prend un atelier
à la Bourse française à proximité de ceux
de Massot et d'Adam Töpffer. Sa renommée croît à
son retour de Paris. Amélie Romilly se lance même dans la
réalisation de certaines lithographies de portraits réalisés
à Paris.
En
1815, Marc-Auguste Pictet, président de la Société
des Arts, lui décerne le titre d'associée honoraire. Les
personnages de renom de passage ou habitant Genève posent tous
devant elle: Bellot, Rossi, Madame de Staël, Capo d'Istria.
Dès 1816, elle expose très régulièrement au
Salon du Louvre.
Elle épouse en 1821 le pasteur David-François Munier qui
sera ensuite professeur de théologie puis recteur de l'Académie.
Entre 1822 et 1829, quatre enfants naîtront de cette union dont
trois mourront du vivant d'Amélie.
La famille s'installe d'abord à Chêne, jusqu'en 1831, puis
à la Rue des Chaudronniers.
Amélie Munier-Romilly se rend à maintes reprises à
Paris (1823, 1825, 1834 et 1850). Elle y étudie les grands maîtres
et fréquente les peintres Horace Vernet et David Wilkie.
En 1830, elle reçoit la Médaille d'or au prestigieux concours
de Berne pour deux tableaux : La Méditation du capucin et La joueuse
de harpe.
En 1836, Amélie Munier-Romilly gagne l'Angleterre. Ce séjour
anglais est une sorte de consécration. Elle réside chez
l'évêque de Winchester et prend des leçons d'aquarelle
avec William Hunt. Amélie y réalise de nombreux portraits
pour la noblesse anglaise qui ne jure bientôt que par elle.
Tout au long de sa vie, Amélie Munier-Romilly fréquenta
les personnalités les plus importantes de son époque dans
les domaines politiques, artistiques ou littéraires. Beaucoup la
soutiendront dans la poursuite de son uvre.
Des quelques cinq mille portraits, huiles et pastels d'Amélie Munier-Romilly
bon nombre furent gravés ou lithographiés.
C'est Firmin Massot qui la dirigea vers le portrait et encouragea ses
prédispositions au dessin. La portraitiste genevoise ne se mit
à l'huile que vers 1830.

Les
portraits de Munier-Romilly étaient courus par l'aristocratie européenne
et son trait suscita l'admiration des plus grands maîtres genevois,
mais aussi français et anglais.
Ses oeuvres, pas toujours signées, sont majoritairement conservées
dans des collections privées éparpillées à
travers l'Europe. Amélie Munier-Romilly est décédée
en 1875 à l'âge de 86 ans.
En 1908, la Société des beaux-arts organisa à l'Athénée
une exposition rétrospective de l'uvre d'Amélie Munier-Romilly.
Chancellerie d'Etat
Information
Réalisé avec la précieuse collaboration du Musée d'art et d'histoire de la Ville de Genève