Des
rues s'illuminent et se verdissent d'arbres aux persistantes frondaisons.
Des mains se gantent et nouent de larges écharpes. Des buées
de mots, échangées au hasard d'une rencontre, s'évaporent
dans un air devenu plus froid. Des flocons de blanc descendent par milliers
pour habiller nos horizons d'un manteau de silence. Des enfants s'impatientent;
des parents s'immergent dans un océan de papiers bigarrés
et de rubans scintillants. D'annuelles festivités s'ébauchent
dans le coeur de chacun.
L'événement
heureux de ces prochaines semaines est la naissance d'une nouvelle année.
Trois années nous séparent du XXIe siècle. Il reste donc peu de temps pour amorcer le virage du troisième millénaire et, surtout, pour rassembler nos énergies afin d'y entrer la tête haute.
N'hésitons pas à nous remettre en question, à accepter de changer certaines règles qui semblaient immuables.
L'Etat et son administration sont aussi confrontés à cette nécessité de changer en profondeur. Ses structures et son fonctionnement doivent pouvoir s'adapter aux évolutions rapides et parfois imprévisibles de notre société.
Les institutions publiques doivent se rapprocher du citoyen et lui offrir un service performant. Dans cette voie, la Chancellerie d'Etat a déjà concrétisé, sous l'égide du Comité de pilotage de la réforme informatique et de sa présidente, Mme Martine Brunschwig Graf, certains volets du Guichet universel.
Cette nouvelle structure, soucieuse d'une plus grande harmonisation et uniformisation des prestations étatiques, permet au citoyen de faire bon nombre de ses démarches administratives dans un même endroit au même moment, lui évitant ainsi de passer d'un guichet à l'autre.
Autre signe de ce rapprochement du service public avec les citoyennes et citoyens, l'Etat s'est également lancé dans l'expérience de la nouvelle gestion publique (NPM) avec trois services-pilotes: le Service des automobiles et de la navigation (SAN), le service de la voirie et nettoiement du canton et le Centre de formation du personnel de l'Etat.
Parmi les révolutions qui secouent notre quotidien, celle de l'information et de ses supports de diffusion est certainement la plus fascinante. Les termes de visioconférence, d'Internet ou de Web ne choquent plus nos oreilles et ne sont plus source d'incompréhension.
Aujourd'hui, il est devenu banal de dire que les mots, les sons, les images se transmettent d'un bout à l'autre de la planète à la vitesse de la lumière.
Là aussi, l'Etat est résolument décidé à ne pas manquer cette formidable occasion de relier tous les hommes. Geneva MAN et SMART Geneva sont deux projets auxquels prend part le Gouvernement, et plus particulièrement Monsieur Jean-Philippe Maitre et Monsieur Guy-Olivier Segond, et qui témoignent du rôle actif que prend Genève dans la révolution des communications.
Que ce soit comme outil de travail ou dans la vie quotidienne, chacun pourra bénéficier des dernières technologies de l'information. A cet égard notamment, les études techniques étant déjà réalisées, le site Internet officiel de l'Etat propose déjà une certaine quantité d'informations utiles et nous l'améliorons en permanence, autant pour l'adapter aux besoins que pour le rendre le plus convivial possible.
Au cours des premiers mois de l'an prochain, il proposera à ses visiteurs des pages d'accueil repensées sous l'angle pratique et organisées en grands domaines d'informations (social, emploi, formation, sécurité, etc.). Par ailleurs, d'une source d'informations, le site officiel Internet deviendra rapidement un moyen de bénéficier de divers types de prestations, directement par le biais du réseau.
Dans les mouvances de cette fin de siècle, notre République possède les moyens et les potentiels d'être plus forte, de juguler les problèmes actuels et d'anticiper ceux qui nous guettent encore. Bien sûr, les schémas économiques ont changé, la concurrence internationale est sans merci, les mutations sociales sont douloureuses, les technologies nouvelles se succèdent à un rythme effréné.
Les autorités genevoises, conscientes de ces dangers, ont engagé le combat. Nous devons lutter ensemble, solidaires, afin de sauvegarder la santé sociale et économique de notre canton et conserver à Genève la place particulière qu'elle a toujours occupée en Europe et dans le monde.
Je tiens à vous remercier vivement de votre fidélité et de votre soutien tout au long de cette année. Ils témoignent de votre satisfaction et nous encouragent dans nos efforts pour rapprocher l'Etat de ses citoyens.
Excellentes fêtes de fin d'année, et que 1997 vous apporte bonheur et satisfactions
Robert Hensler
Chancelier d'Etat