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Instruction publique, culture et sport

5.12.2011

PISA 2009 - Progression significative des élèves genevois en lecture


Comme en 2000, la lecture constituait le thème principal de l'enquête PISA 2009. Pour la première fois, une comparaison complète et détaillée de l'évolution des performances des élèves de 9e (11e actuelle) en lecture a pu être réalisée. D'une moyenne de 479 points en 2000, Genève passe à un résultat de 501 points en 2009 qui correspond à la moyenne suisse (502) et romande (506).

La part des lecteurs qui ne parviennent pas au seuil minimal de compétences en lecture passe dans notre canton de 21% à 12%, chiffre qui doit cependant inviter à poursuivre résolument les efforts et mesures entrepris depuis 2003.

Cette progression significative dans la maîtrise, par les élèves genevois, de la compréhension de l'écrit s'est réalisée alors que la population scolaire dans notre canton est caractérisée par une proportion beaucoup plus importante d'élèves qui ne sont pas nés en Suisse (47% d'allochtones) et non francophones (27% d'allophones), dont on sait que les performances sont systématiquement moins bonnes dans tous les cantons et pays d'Europe qui participent à PISA. C'est ainsi que la moyenne genevoise des élèves non natifs (476) est à la hauteur de la moyenne romande, alors que celle des élèves nés en Suisse (524) est proche de celle des meilleurs cantons.

Sur le plan romand, PISA 2009 en lecture montre en effet que l'écart se réduit entre les cantons: il correspondait à 46 points en 2000 entre le meilleur et le moins bon; en 2009, cet écart est de 27 points (de 21 points pour Genève).

Peu ou pas de progrès en mathématiques et sciences

En mathématiques, bien que Genève se situe en dessus de la moyenne de l'OCDE et ait aussi très légèrement progressé entre 2003 et 2009, les performances des élèves restent en dessous de la moyenne suisse et romande, notamment si l'on considère la part plus faible de bons élèves. Quant aux sciences, les performances romandes comme genevoises n'enregistrent aucune progression d'ensemble et voient une proportion trop importante d'élèves faibles (14% en Suisse romande et 17% à Genève).

Lecture: une prise de conscience générale dans un climat scolaire apaisé

Neuf ans après le choc des mauvais résultats de 2000 (publiés en janvier 2002), le Département de l'instruction publique, de la culture et du sport (DIP) tient à souligner en premier lieu les effets positifs de la prise de conscience de l’ensemble des acteurs de l'éducation, à commencer par les enseignant-e-s et les familles. L’importance de la maîtrise de la lecture tout au long de la scolarité a été traduite par un engagement compétent et constant auprès des élèves qui, eux-mêmes, en perçoivent mieux les enjeux pour leur avenir. Ils méritent d'être encouragés. La mobilisation du DIP en vue de la réalisation d'un objectif commun visant à diminuer la part des élèves de 9e en dessous du seuil minimal de compétences mérite d'être soulignée.

Les résultats de 2009 s'inscrivent aussi dans un climat scolaire plus consensuel et confiant. La mise en œuvre de l'harmonisation de la scolarité obligatoire avec l'obligation scolaire dès 4 ans et des objectifs d'apprentissages progressifs et cohérents tout au long des 11 années du primaire et du CO a été largement soutenue dans notre canton. Le Plan d'études romand est progressivement appliqué dès la rentrée 2011 assorti de moyens d'enseignement de meilleure qualité prescrits dans tous les cantons. L'instauration de directions d'établissement au primaire et le développement du réseau d'enseignement prioritaire concourent aussi à créer des cadres et des conditions favorables à l'apprentissage, à l'école comme à la maison.

De plus, le large soutien de la population genevoise à la loi sur le retour des notes au primaire et à celle sur le cycle d'orientation a finalement permis d'en unifier les structures et les parcours pour assurer à tous les élèves une formation de base solide accompagnée d'un suivi de leur orientation vers des accès directs dans les filières de l'enseignement postobligatoire.

La progression encourageante des performances des élèves genevois en lecture doit inciter à poursuivre les efforts et consolider les mesures et les actions dans les établissements en référence au PER et aux moyens d'enseignement introduits dès la rentrée 2011.

Garder l'élan, le dynamisme et le plaisir pour la lecture

Pour l'enseignement du français et la lecture, le DIP avait mis au point plusieurs mesures systématiques au primaire comme au CO dans le cadre de «plans lecture» ciblés. Les projets d'établissement ont intégré régulièrement cette priorité de la formation.

Pour la lecture, les voies d'amélioration suivantes sont autant de facteurs de réussite:
  • la référence systématique au PER et à ses objectifs d'apprentissage dès la 1ère année primaire (ancienne 1ère enfantine) jusqu'à la 11e année du CO;
  • la mise à disposition des moyens d'enseignement romands en phase avec le PER et de moyens complémentaires (y compris des ressources «en ligne»);
  • la poursuite de la réalisation de «plans lecture» dans les établissements du primaire, du cycle d'orientation et de l'enseignement postobligatoire centrés sur le plaisir de lire étant entendu, comme le souligne le rapport romand que «un travail reste à faire, (…) en ce qui concerne la construction d’un véritable apprentissage continué de la lecture, tel que préconisé depuis des années par les spécialistes du domaine et encouragé par la CIIP dans son plan d’action de 2003. De plus, si l’on en croit une fois encore les résultats de PISA, cet apprentissage devrait porter sur un large éventail de genres de textes, ce qui correspond bien, d’ailleurs, aux propositions du plan d’études romand (PER)» (p.137);
  • l'élargissement et le renforcement des mesures de soutien aux élèves en difficultés dès les premières années d'école (différenciation pédagogique, mesures d'accompagnement, études surveillées);
  • l'augmentation du temps d'enseignement consacré au français par diminution des temps d'accueil au cycle élémentaire (1P-4P);
  • la coopération renforcée entre les enseignant-e-s dans les trois degrés d'enseignement pour assurer une meilleure régulation des pratiques pédagogiques et d'évaluation du français;
  • la priorité à l'apprentissage et à la maîtrise du français dans les classes d'accueil du primaire et du CO;
  • l'implication de l'ensemble du corps enseignant du CO et des formateurs de l'IUFE, quelles que soient les disciplines enseignées, pour améliorer les compétences générales en compréhension et expression en français.

Un plan ambitieux et plus de place dans la grille-horaire pour les mathématiques et les sciences de la nature (MSN)

En mathématiques et en sciences, où les résultats mettent en évidence des faiblesses et des écarts encore trop importants (y compris entre les résultats des filles et des garçons), Genève doit faire mieux.

Certes, les objectifs et progressions prescrits dans le PER et l'amélioration des moyens d'enseignement remis aux élèves du CO dès la rentrée 2011 devraient conduire à une meilleure maîtrise des connaissances et compétences. De même que la revalorisation du profil scientifique dans la nouvelle section LS qui, selon le calendrier prévu, sera instauré à la rentrée 2012 en 10e année (ancienne 8e).

L'analyse des résultats montre cependant que des progressions significatives (comme celle du canton du Jura) sont non seulement possibles mais indispensables. Elles tiennent en particulier dans la plus grande cohésion des pratiques pédagogiques et l'utilisation des diverses méthodes et ressources didactiques, comme c'est le cas dans le canton du Jura, en Valais et à Fribourg.

Dans le contexte de l'adaptation évolutive de la grille-horaire du cycle d'orientation, la dotation et les modalités réservées à l'enseignement des sciences intégrées au domaine Mathématiques et Sciences de la Nature (MSN) doivent être améliorées et valorisées dans une optique de maîtrise consolidée des bases d'une culture scientifique. Si, en termes de temps et de moyens d'enseignement, ainsi que de formation des enseignant-e-s, le domaine des langues (français, allemand et, bientôt anglais) doit être renforcé dans le degré primaire, c'est le domaine MSN qui doit être privilégié désormais au CO.

Ces priorités d'harmonisation scolaire ne peuvent se concrétiser de façon crédible qu'avec l'aménagement d'un nouvel horaire scolaire qui passe par une diminution des temps d'accueil au cycle élémentaire, par le retour d'une semaine scolaire sur 4,5 jours au cycle moyen, par une grille-horaire plus équilibrée au CO complétée par l'offre complémentaire des passerelles et des mesures de suivi et de soutien pour une orientation qui stimule l'ambition des élèves.

Aménager l'horaire scolaire avec le mercredi matin au cycle moyen

En effet, ces axes d'amélioration des conditions générales et de la qualité d'enseignement aux élèves demeureront incomplets et insuffisants si les élèves genevois du cycle moyen ne pourront pas profiter des mêmes conditions que leurs camarades des autres cantons: c'est-à-dire d'un horaire scolaire plus équilibré dans la semaine avec des temps d'enseignement plus importants dans les domaines des Langues et des Mathématiques et Sciences de la nature (MSN).

Outre le fait qu'ils sont les seuls en Suisse à concentrer les activités à l'école sur 4 jours dans la semaine et 151 jours dans l'année, qu'en est-il aujourd'hui des temps d'enseignement, dans les faits, pour les élèves genevois de 8 à 11 ans en comparaison avec les autres cantons en Suisse romande? (Source IRDP et SRED - voir le communiqué complet pour toutes les références)

Sur l'ensemble du cycle moyen, cours d'éducation religieuse compris, les différences sont de 210h (soit presque 2,5 semaines d'école par année) avec le canton de Fribourg, de 295h (presque 3,5 semaines d'école par année) avec le Tessin et de 475h (5,5 semaines d'école par année) avec le Valais.

L'examen des grilles horaires officielles des cantons pour la rentrée scolaire 2010 montre des différences de dotation horaire selon le domaine d'enseignement. Si l'on compare le nombre de périodes de cours selon le domaine au cycle moyen de l'enseignement primaire, mis à part l'enseignement religieux qui n'a pas d'équivalent à Genève, les élèves fribourgeois et valaisans disposent de plus de périodes de cours que les élèves genevois pour la langue de scolarisation et la première langue étrangère. Les élèves genevois ont quant à eux plus de périodes de cours pour les arts et les sciences naturelles, humaines et sociales (connaissances de l'environnement, géographie, histoire, instruction civique, etc.)

En mars 2012, suite au référendum contre le vote largement favorable du parlement, les citoyennes et citoyens genevois devront se prononcer sur la Loi 10744, autrement dit sur l'horaire scolaire qui prévoit en substance:
  • le retour à une semaine scolaire de 4,5 jours avec le mercredi matin pour le cycle moyen: +120 postes d'enseignant-e-s pour préserver une offre publique de qualité dans tous les domaines d'enseignement;
  • mais aussi le renforcement du soutien apportés aux élèves en difficultés pour la lecture au cycle élémentaire: +30 postes d'enseignant-e-s chargés de soutien pédagogique spécialement formés à cette fin.

Après le vote massif en faveur du nouveau cycle d'orientation (mai 2009) et les décisions du Grand Conseil qui portaient sur l'adhésion aux accords HarmoS et Convention scolaire romande, sur la formation des enseignant-e-s des degrés primaire et secondaire dans un même institut universitaire - l'IUFE - créé en 2009, sur l'instauration de directions d'établissement au primaire et des conseils d'établissement au DIP, sur la mise en œuvre du réseau d'enseignement prioritaire et enfin sur la Loi d'intégration des élèves et des jeunes à besoins particuliers, l'adoption par le peuple de la Loi sur l'horaire scolaire se situerait dans la ligne cohérente de l'ensemble des projets du Conseil d'Etat, comme il l'a affirmé dans son discours et son programme de législature pour soutenir la formation des élèves dans la lettre, dans l'esprit, dans les classes de l'école publique genevoise.

A cet égard, les enquêtes, évaluations et recherches, comme celles du programme PISA, qui ne sont jamais une fin en soi contribuent à mieux saisir la réalité et à adapter et corriger les mesures en faveur d'une politique harmonisée et ambitieuse de la formation.

Pour tout complément d'information: Frédéric Wittwer, directeur de projet, délégué aux affaires intercantonales, T. 022 546 69 50; Christian Nidegger, chef du projet national PISA 2009, T. 022 546 71 19.

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