Ecusson de la République et du canton de Genève


REPUBLIQUE
ET CANTON
DE GENEVE

e-démarchesChanger la couleur des liensDiminuer la taille du texteAugmenter la taille du texteImprimer la pageContactez-nousPlan du siteFoire aux questions Conditions d'utilisation

Recherchez dans:

Recherche avancée

ge.ch Démarches Organisation Thèmes Chemin de vie  
 

Instruction publique, culture et sport

Actualité

10.6.2015

Fête des écoles à Genève - Une tradition de quatre siècles et demi


Fête des écoles à Genève - Le cortège

La fête des promotions a été instaurée par Calvin, au moment de la création du Collège en 1559. Le cortège dans les rues Basses date pour sa part de 1886. En 1998, la dénomination de «fête des écoles» a remplacé celle de «promotions» en Ville de Genève.

Histoire de la fête des promotions à Genève

Depuis quand? Pourquoi? Où? Toutes les années? Des remises de prix?
Chantal Renevey Fry, archiviste du DIP, retrace l'histoire des «promotions».


Fête instaurée en 1559 avec la création du Collège de Genève

La fête des promotions a été instaurée par Calvin, au moment de la création du Collège (1559). La première cérémonie a eu lieu en 1560. Son rituel a peu varié jusqu’au milieu du 19ème siècle. Les élèves, accompagnés des troupes d’élite de la République, se rendaient en cortège et au son de la musique du Collège à la cathédrale Saint-Pierre où se déroulait une cérémonie solennelle en présence des autorités religieuses, politiques et judiciaires de la cité.

Le nom même de «promotions» signale que l’accent était mis sur le passage d’une année à l’autre, sur la promotion des élèves d’un degré au degré suivant. Cette promotion était d’ailleurs effective dès le lendemain puisque cette cérémonie avait lieu le premier mai (sauf si c’était un dimanche) et que le lendemain, les classes reprenaient. Les vacances à cette époque avaient en effet lieu au moment des vendanges et duraient trois semaines. A l’origine, cette solennité concernait des enfants en âge de scolarité primaire et secondaire. Et l’aspect «remise de récompenses» n’en était pas absente non plus puisqu’elle comprenait aussi une distribution de prix et de médailles.

Aux frais des familles des élèves primés

Dans les écoles primaires, les réjouissances de l'après-midi ont longtemps été laissées aux frais des familles des élèves primés qui invitaient chacun de leur côté camarades et amis à un goûter, tandis que les officiels se retrouvaient autour d’un banquet. Elles ont été officialisées dès 1844 par une fête organisée sur la Plaine de Plainpalais. En 1848, la Ville de Genève prend le relais pour financer cette fête. De 1884-1885 à 1916 au moins, une collation est servie aux Bastions à l'issue du cortège, mais les enfants repartent ensuite en cortège jusqu'à la Plaine de Plainplalais pour s'y amuser. Dès 1920, collation et amusements sont regroupés dans cet endroit qui restera le lieu principal de la fête jusqu'en 1964, à l'exception de l'année 1924 (les renseignements manquent pour 1925) et des années 1928 à 1931, où tout se passe aux Bastions. En cas de pluie, les enfants se rendent au Bâtiment électoral jusqu’à son incendie en 1964. Si le ciel fait la grimace, c’est ensuite dans les écoles elles-mêmes que l’on ira s’abriter.

Les écoles enfantines sont instaurées officiellement par loi sur l’instruction publique de 1872 et dès 1873, une petite fête réunit les enfants de l’école des Terreaux (l’une des 3 écoles enfantines de la Ville de Genève), les enseignants et leurs parents. Cette fête est répétée les années suivantes dans chaque école séparément. En 1884, la Ville offre «à peu de frais» à chaque école une collation et un petit jouet à tous les enfants. En 1885, la fête devient commune et se déroule aux Bastions. Des jeux divers, guignol et carrousels y sont ajoutés dès 1901. En 1896 toutefois, en raison de l’exposition nationale, les écoles enfantines doivent renoncer à leur traditionnelle fête collective remplacée par une collation et une distribution de jouets dans chaque école.

haut de page


Le cortège date de 1886

Le cortège dans les rues Basses date de 1886. Dès 1891 au moins, date du plus ancien document que contiennent les fonds d'archives du DIP à ce sujet, les élèves sont rassemblés à la Promenade du Lac (Jardin Anglais) et gagnent ensuite les Bastions ou la Plaine de Plainpalais en passant par les rues Basses; ils empruntent généralement la place du Molard, puis , dès 1929 pour les écoles primaires et dès 1934 au moins pour les écoles enfantines, les places du Port et de Longemalle, avant de longer les rues de la Croix d'or, du Marché, de la Confédération et de la Corraterie (les écoles enfantines passeront par la rue du Rhône entre 1934 et 1939). Pour se rendre à la Plaine de Plainpalais, les écoles primaires ont d'abord passé par la rue du Stand, le boulevard Georges-Favon et la place du Cirque avant d'emprunter, dès 1939, la Place Neuve (où se trouvaient les autorités) et la rue Calame.

Les changements majeurs interviennent en 1965. Les enfants des écoles enfantines sont désormais rassemblés au boulevard Jaques-Dalcroze et empruntent l'itinéraire suivant: rond-point de Rive, cours de Rive, rue de Rive, rue de la Croix d'Or, rue du Marché, rue de la Confédération, rue de la Corraterie, place Neuve. Les élèves des écoles primaires du quartier suivent le même tracé et tous sont bien encadrés par la gendarmerie qui assure régulièrement le service d’ordre des cortèges. En 2005, le départ du cortège des écoles enfantines est avancé à la rue de la Croix d’Or.

Fêtes et cortèges annulés

Mais certaines années, les fêtes des promotions ont été totalement ou partiellement supprimées. En 1915, fêtes et cortèges ont été annulés par le Conseil d'Etat et le Conseil administratif de la Ville de Genève. En 1916, seules les fêtes dans les parcs et les collations ont été rétablies, mais pas les cortèges. En 1940, cortèges et fêtes de l'après-midi n'ont pas eu lieu tandis qu'en 1941, les promotions se sont déroulées de façon toute spéciale au Parc des Eaux-Vives à l'occasion des célébrations organisées pour le 450ème anniversaire de la Confédération.

Il ne aurait y avoir de promotions sans cocardes! La confection de celles-ci se fait selon une description précise et tout le monde ne porte pas la même: couleurs et formes varient selon les âges, les fonctions. et les années qui passent, pour éviter tout resquillage! Modernité oblige, depuis 1992, les pin’s, puis les autocollants, puis les badges ont remplacé les morceaux de ruban.

haut de page


Fête des écoles depuis 1998

En 1998, c’est la révolution. En Ville de Genève, le terme séculaire de «promotions» disparaît au profit de la «fête des écoles». Le seul cortège qui subsiste est celui des écoles enfantines auxquelles on propose un thème de déguisement. Les élèves des écoles primaires se rendent en ordre dispersé le vendredi soir dans les différents parcs de la ville ville avant d’être tous réunis aux Bastions en 2014.

Une cérémonie officielle de distribution des prix a été organisée pour la première fois par le DIP en 1848. Après l’abolition des prix par votation populaire en 1981, les cérémonies du matin sont maintenues pour tous jusqu’en 1997. En 1998 et 1999, les élèves de dernière année sont encore invités au Victoria Hall pour y recevoir le dictionnaire qui marque symboliquement la fin de leur scolarité primaire; mais cette cérémonie est elle aussi abandonnée en l’an 2000, puis restaurée en 2014. Des fêtes sont également organisées dans les communes du canton.

Décorum propre à marquer les esprits

La tradition des promotions s’inscrit depuis longtemps dans le paysage genevois et dans les rues de la cité. Ce jour-là, la Genève scolaire investit la Genève marchande. Cette fête est aussi empreinte d’un certain décorum propre à marquer les esprits: le cortège solennel, du 16ème au 19ème siècle, voyait défiler la Vénérable compagnie des pasteurs en robe et col à rabats, les syndics en habit noir, l’épée au côté, le bâton symbolisant leur charge à la main, et les avocats vêtus de la toge et de la toque. Jusqu’à la fin des années 1950, les conseillers d’Etat défilaient encore en jaquette et haut-de-forme. Une anecdote datant de cette époque raconte qu’un orage ayant éclaté au beau milieu du cortège, tout le monde s’était dispersé. sauf le conseiller d’Etat d’alors, Albert Picot, qui défilait stoïquement en abritant sous un immense parapluie l’inspectrice des écoles enfantines sans doute coiffée d’un splendide chapeau. Aujourd’hui, le cortège obéit toujours à un certain ordre et s’achève par un passage devant les autorités officielles, obligatoire avant de commencer à faire la fête sur les carrousels. La Clémence, cloche civile de la cathédrale, sonne pour marquer le rassemblement du cortège. Et chacune de ces dernières années, une thématique est retenue, qui donne sa couleur au cortège et implique les enfants dans sa préparation pour la plus grande fierté de leurs parents!

haut de page




Voir aussi

haut de page